Comment la Grande Famine ukrainienne de 1933 est venue percuter la gauche française

Date
31/03/2023
Author

Fabien Escalona Pauline Graulle

France : L’AssemblĂ©e nationale a votĂ© une rĂ©solution reconnaissant l’Holodomor comme gĂ©nocide. Cet article de Mediapart analyse ce vote et la rĂ©action des dĂ©putĂ©s de gauche face Ă  la question (diffĂšrente de celle de certains eurodĂ©putĂ©.es
).

Les Insoumis ainsi que deux communistes ont refusĂ© de voter une rĂ©solution de l’AssemblĂ©e nationale pour qualifier de gĂ©nocide « l’Holodomor » orchestrĂ© par Staline il y a quatre-vingt-dix ans. Alors que cet Ă©pisode est toujours l’objet de controverses chez les historiens, la gauche s’est, une fois encore, montrĂ©e dĂ©sunie.

IlIl arrive que les fantĂŽmes de l’histoire s’invitent Ă  la table des vivants. C’est ce qui s’est passĂ©, mardi 28 mars, entre les murs de l’AssemblĂ©e nationale. Alors que la onziĂšme manifestation nationale contre la rĂ©forme des retraites battait son plein, une tragĂ©die vieille de prĂšs d’un siĂšcle a fait une entrĂ©e fracassante dans l’hĂ©micycle et a divisĂ© la gauche.

À l’ordre du jour, une proposition de rĂ©solution – autrement dit un texte sans consĂ©quence concrĂšte sur le plan lĂ©gislatif – visant Ă  reconnaĂźtre que l’immense famine orchestrĂ©e par Staline entre 1932 et 1933, lors de laquelle quatre millions d’Ukrainiens et d’Ukrainiennes ont pĂ©ri, devait ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un « gĂ©nocide » perpĂ©trĂ© par le rĂ©gime soviĂ©tique.

C’est Ă  la demande des autoritĂ©s de Kyiv que le texte, portĂ© par la dĂ©putĂ©e Renaissance (ex-LREM) Anne Genetet, a fait le voyage jusqu’au Palais-Bourbon. Si la controverse sur la requalification en « gĂ©nocide » de « l’Holodomor » (le nom ukrainien pour dĂ©signer cette mortalitĂ© de masse par la faim) n’est pas close du cĂŽtĂ© des historiens, la quasi-totalitĂ© des dĂ©putĂ©s prĂ©sents s’est prononcĂ©e pour reconnaĂźtre le massacre comme un gĂ©nocide.

Une victoire symbolique pour Volodymyr Zelensky, qui a aussitĂŽt remerciĂ© la France pour son soutien et a fait part, sur Twitter, de sa « reconnaissance envers les dĂ©putĂ©s de l’AssemblĂ©e nationale pour cette dĂ©cision historique ».

Si la rĂ©solution a rĂ©ussi Ă  mettre d’accord du Parti socialiste aux Verts, en passant par la majoritĂ© prĂ©sidentielle, et jusqu’à la droite et l’extrĂȘme droite, la belle unanimitĂ© a pourtant Ă©tĂ© rompue par quelques voix discordantes. Le groupe de La France insoumise (LFI) a ainsi dĂ©cidĂ© de ne pas participer au vote. Quant aux deux seuls dĂ©putĂ©s PCF qui ont fait le choix d’y prendre part, ils ont votĂ© contre la rĂ©solution.

Une maniĂšre de refuser de se mettre politiquement « dans la roue » des dirigeants politiques ukrainiens ? Symboliquement, le vote de cette rĂ©solution revient de fait Ă  valider un Ă©lĂ©ment mĂ©moriel central de la construction de l’identitĂ© ukrainienne contemporaine.

Au contraire, les autoritĂ©s russes refusent le qualificatif de gĂ©nocide et rĂ©agissent nĂ©gativement Ă  chacune de ses reprises officielles. Quand la chambre basse allemande a reconnu l’Holodomor comme gĂ©nocide le 30 novembre 2022, elles ont ainsi regrettĂ© une « diabolisation » de leur pays.

La commĂ©moration et mĂȘme l’enseignement de cet Ă©pisode tragique ont Ă©tĂ© rĂ©duits Ă  nĂ©ant cĂŽtĂ© russe. Par contraste, « les Ukrainiens se sont appropriĂ© [cette] mĂ©moire », Ă©crit l’historienne Anna Colin Lebedev dans Jamais frĂšres ? (Seuil, 2022), « chacun cherchant dans les rĂ©cits des grands-parents et les archives familiales comment leur famille avait survĂ©cu Ă  cette pĂ©riode ».

Des politiques mĂ©morielles ont Ă©tĂ© menĂ©es avec constance sur le sujet de la part de l’État ukrainien devenu indĂ©pendant. Depuis 1998, l’Ukraine rend un hommage annuel aux victimes de la Grande Famine, Ă  chaque fin du mois de novembre. En 2008, un mĂ©morial leur a Ă©tĂ© construit dans la capitale Kyiv. En 2006, le Parlement du pays a reconnu son caractĂšre gĂ©nocidaire. Depuis, plus d’une vingtaine d’assemblĂ©es l’ont suivi ailleurs dans le monde.

Selon le spĂ©cialiste de l’histoire soviĂ©tique Nicolas Werth, « toute collectivitĂ© en cours de reconstruction identitaire a besoin de se redĂ©finir, [
] de revoir son passĂ©, en choisissant un certain nombre d’évĂ©nements historiques qui vont asseoir le nouveau mythe national. Aujourd’hui, ce mythe national se construit en prioritĂ© autour de la victimisation du peuple ukrainien. Et, dans ce dispositif, l’“Holodomor” joue un rĂŽle majeur ».

À l’heure de l’invasion du pays par un pouvoir poutinien s’attaquant en mĂȘme temps Ă  « l’Occident collectif », Ă©tait-ce problĂ©matique d’accompagner cette revendication ukrainienne d’une histoire Ă  la fois singuliĂšre et particuliĂšrement douloureuse ? À gauche, certains le pensent. Et ils ne sont pas les premiers. En Allemagne, le parti post-communiste Die Linke s’est abstenu sur le sujet l’an dernier. En Belgique, oĂč le dĂ©bat politique a Ă©tĂ© bien plus vif qu’en France au mois de fĂ©vrier, le Parti du travail (PTB) a choisi la mĂȘme attitude.

Désaccords au sein de la Nupes

Du cĂŽtĂ© des communistes, le dĂ©putĂ© du Havre Jean-Paul Lecoq a publiquement exposĂ© plusieurs « problĂšmes » qui l’empĂȘchaient de voter favorablement. PremiĂšrement, le manque de lĂ©gitimitĂ© des parlementaires face Ă  une pĂ©riode de l’histoire qui ne fait consensus ni chez les historiens ni, a-t-il affirmĂ©, chez les Ukrainiens. DeuxiĂšmement, la question de « l’intention gĂ©nocidaire », selon lui « dĂ©licate Ă  Ă©tablir », au vu du manque d’élĂ©ments sur « le dessein » de Staline Ă  l’époque.

Autres arguments avancĂ©s : « le risque de crĂ©er une concurrence mĂ©morielle entre les victimes de crimes contre l’humanité » ou encore « les enjeux diplomatiques » d’un tel vote. « Est-il opportun de voter ce texte qui nous rapprochera un peu plus du point de non-retour dans nos relations avec la Russie ? Si nous, Parlement français, voulons ĂȘtre les artisans d’une paix juste et durable entre l’Ukraine et la Russie, le vote d’une telle rĂ©solution ne semble pas adĂ©quat », a dĂ©fendu le communiste, mardi, dans l’hĂ©micycle.

Au sein de LFI, les arguments ont Ă©tĂ©, peu ou prou, les mĂȘmes. « On n’est pas convaincus que ce soit aux AssemblĂ©es nationales d’écrire l’Histoire, d’autant plus quand il n’y a pas d’unanimitĂ© sur la question. Pour nous, l’Holodomor n’a pas les caractĂ©ristiques d’un gĂ©nocide », explique ainsi Ă  Mediapart le dĂ©putĂ© insoumis Bastien Lachaud, qui se rapporte Ă  la dĂ©finition de l’ONU du gĂ©nocide de 1948.

Par ailleurs, ajoute-t-il, « reconnaĂźtre que l’Holodomor est un gĂ©nocide dĂ©value les trois gĂ©nocides Ă©tablis [l’Holocauste, le gĂ©nocide armĂ©nien et le gĂ©nocide rwandais – ndlr], et ouvre la voie Ă  ce que des pays puissent y recourir pour tout et n’importe quoi. Ce serait fragiliser le droit international ». Enfin, argue-t-il, « juger Staline aujourd’hui » relĂšverait du non-sens.

Selon Bastien Lachaud, la dĂ©cision de LFI a Ă©tĂ© prise par le bureau du groupe, son instance dirigeante, puis prĂ©sentĂ©e aux dĂ©putĂ©s et n’aurait pas fait dĂ©bat en interne. Dans l’hĂ©micycle, il a eu beau rĂ©pĂ©ter que l’absence des Insoumis signifiait un refus de « s’arroger le pouvoir d’écrire l’histoire » et non pas une remise en cause du soutien de son groupe Ă  l’Ukraine « face Ă  l’agression criminelle du rĂ©gime de Vladimir Poutine », l’épisode a une fois encore créé le trouble au sein de la Nouvelle Union populaire, Ă©cologique et sociale (Nupes).

« MĂȘme si je comprends qu’il puisse y avoir dĂ©bat sur le caractĂšre gĂ©nocidaire de l’Holodomor, au bout d’un moment, il faut faire de la politique ! », estime le dĂ©putĂ© EELV AurĂ©lien TachĂ©, corapporteur du texte aux cĂŽtĂ©s du socialiste Boris Vallaud.

Si l’écologiste dĂ©plore que l’initiative de Renaissance ait pu ĂȘtre en partie conduite par des « arriĂšre-pensĂ©es opportunistes », avec pour but de marginaliser LFI, il note que ce vote – ou plutĂŽt ce non-vote – s’explique pour partie par le « campisme » d’une certaine partie de la gauche sur les questions internationales. Certes, des avancĂ©es sur le conflit ukraino-russe ont Ă©tĂ© actĂ©es. Mais dĂ©sormais, justifie-t-il, « il faut aller plus loin et dire que Poutine s’inscrit dans les pas de Staline, qu’il est un tyran qui veut “russifier” l’Ukraine ».

Une exhortation qu’ont, semble-t-il, suivie les Insoumis au Parlement europĂ©en. Le 15 dĂ©cembre, la dĂ©lĂ©gation des eurodĂ©putĂ©s insoumis votait unanimement pour un texte similaire, et mĂȘme plus vindicatif que celui de l’AssemblĂ©e nationale, visant Ă  reconnaĂźtre l’Holodomor comme un gĂ©nocide, et estimant « que le blanchiment et la glorification du rĂ©gime totalitaire soviĂ©tique et la renaissance du culte du dictateur soviĂ©tique, Joseph Staline, ont conduit Ă  ce que la Russie soit aujourd’hui un État promoteur du terrorisme ».

ContactĂ©e par Mediapart pour comprendre les diffĂ©rences de vote entre les deux groupes parlementaires du parti, la dĂ©lĂ©gation insoumise europĂ©enne indique « pouvoir comprendre » la position de ses camarades Ă  l’AssemblĂ©e, au vu des dĂ©bats sur le sujets, mais assume « avoir fait le choix de privilĂ©gier l’enjeu de la condamnation des crimes de Staline et d’envoyer un signal de soutien au peuple ukrainien dans le contexte de guerre actuel ».

« Nous avons votĂ© pour, tout simplement parce que c’est un gĂ©nocide qui a eu lieu », tranche l’eurodĂ©putĂ© Younous Omarjee, qui peine Ă  comprendre en quoi « qualifier de gĂ©nocide un gĂ©nocide » reviendrait Ă  « banaliser l’Holocauste ».

Ce que disent les historiens (et l’ONU)

La volontĂ© de ne pas dĂ©valuer la qualification de gĂ©nocide s’entend, mais elle n’est pas convaincante pour en dĂ©nier l’existence si les faits sont Ă©tablis. ReconnaĂźtre le gĂ©nocide des Tutsis au Rwanda n’impliquait pas de relativiser en quoi que ce soit celui dont ont Ă©tĂ© victimes les juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mais justement, à quel point le caractÚre génocidaire de la Grande Famine en Ukraine est-il controversé ? Voter sa reconnaissance poserait-il un vrai problÚme de rigueur intellectuelle ? Il convient en tout cas de faire la différence entre plusieurs niveaux de contestations.

Une minoritĂ© d’historiens, parfois relayĂ©s par certains militants communistes, minimisent les faits jusqu’à les nier. C’est le cas d’Annie Lacroix-Riz, par ailleurs connue pour ses thĂšses aux relents complotistes dans l’explication de la dĂ©faite française de 1940 – ce qui n’a pas freinĂ© son invitation par Aude Lancelin sur le mĂ©dia en ligne Quartier gĂ©nĂ©ral. L’historienne rĂ©duit l’Holodomor Ă  une « disette de soudure », dont le caractĂšre gĂ©nocidaire ne serait qu’une « propagande » typiquement impĂ©rialiste, dans un but de calomnie du pouvoir bolchevique.

De nombreux historiens, en Ukraine mais aussi dans la sphùre anglophone, soutiennent que l’entreprise de destruction stalinienne visait bien un groupe national.

« Il s’agit d’un nĂ©gationnisme pur, tranche l’historien Thomas Chopard, maĂźtre de confĂ©rences Ă  l’EHESS. Les ressorts rhĂ©toriques sont les mĂȘmes que dans la relativisation de la Shoah ou du gĂ©nocide des ArmĂ©niens, avec un attachement Ă  des microdĂ©tails pour arriver Ă  des conclusions ubuesques. Le but est de nier les crimes de masse du stalinisme. »

Pour lui, il est davantage possible de discuter – « mĂȘme [s’il] pense qu’ils ont fondamentalement tort » – avec un courant russe de l’historiographie, qui nie moins la gravitĂ© des faits que les spĂ©cificitĂ©s du cas ukrainien. Car Ă  partir de 1929 en Union soviĂ©tique, la collectivisation de l’agriculture suscite des dĂ©sastres sur l’ensemble du territoire. Au Kazakhstan, c’est un tiers de la population qui pĂ©rit. Mais alors que « Staline se moque de cette zone pĂ©riphĂ©rique », selon Thomas Chopard, il se prĂ©occupe bien plus de l’Ukraine.

Le pays est en effet situĂ© aux portes de l’Europe, et il abrite une part significative de la production agricole et industrielle de l’Union soviĂ©tique, mais aussi une paysannerie particuliĂšrement rĂ©sistante au dictateur du Kremlin.

De ce point de vue, une trĂšs grande majoritĂ© d’historiens s’accorde sur le fait que Staline a volontairement aggravĂ© la famine qui s’est dĂ©veloppĂ©e en Ukraine. « Un faisceau trĂšs important de documents permet de circonscrire la responsabilitĂ© de Staline et de ses proches collaborateurs », confirme Thomas Chopard.

A-t-on pour autant affaire Ă  un gĂ©nocide ? C’est ici que la querelle peut rebondir, y compris parmi ceux qui partagent le constat d’un ciblage criminel de l’Ukraine. « Si les archives prouvent l’intentionnalitĂ© de Staline, le groupe ciblĂ© pose question : les paysans en tant que groupe social ou les paysans en tant qu’Ukrainiens ? », rĂ©sume l’historienne Alexandra Goujon dans Ukraine, de l’indĂ©pendance Ă  la guerre (Le Cavalier bleu, 2021).

Selon la dĂ©finition du gĂ©nocide par les Nations unies, le groupe victime doit en effet ĂȘtre visĂ© en fonction de son caractĂšre « national, ethnique, racial ou religieux ». Dans les nĂ©gociations Ă  ce propos, le critĂšre de la classe sociale avait justement Ă©tĂ© Ă©cartĂ© sur insistance de l’Union soviĂ©tique. Quand l’historien StĂ©phane Courtois parle de « gĂ©nocide de classe », il s’agit donc d’un Ă©tirement conceptuel allant au-delĂ  de la catĂ©gorie juridique communĂ©ment admise.

De nombreux historiens, en Ukraine mais aussi dans la sphĂšre anglophone, revendiquent une plus forte cohĂ©rence en soutenant que l’entreprise de destruction stalinienne visait bien un groupe national.

Cette affirmation, explique Thomas Chopard, s’appuie sur un « glissement » avĂ©rĂ© « d’une politique Ă©conomique et sociale – la collectivisation de l’agriculture – Ă  une politique nationale ». L’Holodomor s’ajouterait Ă  la dĂ©capitation des Ă©lites culturelles, ou encore Ă  la fin de la promotion de la langue ukrainienne, pour dessiner « un ensemble de dĂ©cisions hĂ©tĂ©rogĂšnes de lutte contre le nationalisme ukrainien ».

MĂȘme Nicolas Werth, plutĂŽt rĂ©ticent Ă  l’usage du terme de gĂ©nocide, laisse la porte entrouverte dans un rĂ©cent chapitre d’ouvrage sur la question.

« Briser la paysannerie ukrainienne par la famine, Ă©crit-il, c’était aussi briser le seul mouvement national-paysan capable de tenir tĂȘte au rĂ©gime. Dans le mĂȘme mouvement, Staline dĂ©cima les Ă©lites ukrainiennes, qu’elles fussent communistes ou non. [
] En Ukraine, la famine fut donc intentionnellement aggravĂ©e dans le but d’éliminer en partie Ă  la fois les paysans, colonne vertĂ©brale de la nation ukrainienne, qui continuaient de rĂ©sister Ă  la collectivisation, et les Ă©lites nationales. »

Une gĂȘne rĂ©currente sur l’Ukraine

Se refuser Ă  dire l’histoire en tant que parlementaire est une chose, mais l’argument de l’absence de gĂ©nocide, Ă©galement invoquĂ©, est dĂ©jĂ  plus fragile ou contestable. In fine, la dĂ©cision de voter la rĂ©solution promue par Zelensky est avant tout politique. Et en l’occurrence, l’absence de LFI interroge d’autant plus qu’elle s’inscrit dans une sĂ©rie de polĂ©miques similaires.

En fĂ©vrier 2022, en pleine campagne prĂ©sidentielle, les dĂ©putĂ©s de La France insoumise avaient refusĂ© de qualifier de « gĂ©nocide » la rĂ©pression fĂ©roce contre les OuĂŻghours par la Chine, au motif qu’une controverse Ă©tait en cours sur le sujet, certains spĂ©cialistes parlant de « gĂ©nocide », d’autres prĂ©fĂ©rant la caractĂ©risation de « crime contre l’humanité ».

Alors que la quasi-unanimitĂ© des dĂ©putĂ©s, du PS Ă  Les RĂ©publicains, en passant par La RĂ©publique en marche, avait votĂ© favorablement la proposition de rĂ©solution, La France insoumise, ainsi que le communiste Jean-Paul Lecoq, avaient fait cavalier seul en s’abstenant.

Il y a quelques mois, La France insoumise a de nouveau fait entendre une voix divergente Ă  gauche lors d’une rĂ©solution sur l’Ukraine, dĂ©posĂ©e cette fois par le PS. Le texte rĂ©clamait de graver dans le marbre le « soutien indĂ©fectible » de la France au pays de Volodymyr Zelensky, mais aussi d’« accroĂźtre substantiellement » l’aide militaire et financiĂšre fournie Ă  l’Ukraine.

Contrairement aux groupes partenaires de la Nupes, LFI s’était abstenue, le seul vote « contre » de l’AssemblĂ©e ayant Ă©tĂ© Ă©mis par un dĂ©putĂ© issu de ses rangs, JĂ©rĂŽme Legavre.

Les plus critiques de LFI y verront une complaisance rĂ©guliĂšre avec des rĂ©gimes dictatoriaux sous prĂ©texte de souci diplomatique, et en particulier une gĂȘne rĂ©currente Ă  tĂ©moigner d’une solidaritĂ© concrĂšte avec le peuple ukrainien. Des reproches que Bastien Lachaud balaie : « Une loi mĂ©morielle, ça n’a rien Ă  voir avec notre position sur l’international. »

Comment la Grande Famine ukrainienne de 1933 est venue percuter la gauche française