Fabien Escalona Pauline Graulle
France : LâAssemblĂ©e nationale a votĂ© une rĂ©solution reconnaissant lâHolodomor comme gĂ©nocide. Cet article de Mediapart analyse ce vote et la rĂ©action des dĂ©putĂ©s de gauche face Ă la question (diffĂšrente de celle de certains eurodĂ©putĂ©.esâŠ).
Les Insoumis ainsi que deux communistes ont refusĂ© de voter une rĂ©solution de lâAssemblĂ©e nationale pour qualifier de gĂ©nocide « lâHolodomor » orchestrĂ© par Staline il y a quatre-vingt-dix ans. Alors que cet Ă©pisode est toujours lâobjet de controverses chez les historiens, la gauche sâest, une fois encore, montrĂ©e dĂ©sunie.
IlIl arrive que les fantĂŽmes de lâhistoire sâinvitent Ă la table des vivants. Câest ce qui sâest passĂ©, mardi 28 mars, entre les murs de lâAssemblĂ©e nationale. Alors que la onziĂšme manifestation nationale contre la rĂ©forme des retraites battait son plein, une tragĂ©die vieille de prĂšs dâun siĂšcle a fait une entrĂ©e fracassante dans lâhĂ©micycle et a divisĂ© la gauche.
Ă lâordre du jour, une proposition de rĂ©solution â autrement dit un texte sans consĂ©quence concrĂšte sur le plan lĂ©gislatif â visant Ă reconnaĂźtre que lâimmense famine orchestrĂ©e par Staline entre 1932 et 1933, lors de laquelle quatre millions dâUkrainiens et dâUkrainiennes ont pĂ©ri, devait ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un « gĂ©nocide » perpĂ©trĂ© par le rĂ©gime soviĂ©tique.
Câest Ă la demande des autoritĂ©s de Kyiv que le texte, portĂ© par la dĂ©putĂ©e Renaissance (ex-LREM) Anne Genetet, a fait le voyage jusquâau Palais-Bourbon. Si la controverse sur la requalification en « gĂ©nocide » de « lâHolodomor » (le nom ukrainien pour dĂ©signer cette mortalitĂ© de masse par la faim) nâest pas close du cĂŽtĂ© des historiens, la quasi-totalitĂ© des dĂ©putĂ©s prĂ©sents sâest prononcĂ©e pour reconnaĂźtre le massacre comme un gĂ©nocide.
Une victoire symbolique pour Volodymyr Zelensky, qui a aussitĂŽt remerciĂ© la France pour son soutien et a fait part, sur Twitter, de sa « reconnaissance envers les dĂ©putĂ©s de lâAssemblĂ©e nationale pour cette dĂ©cision historique ».
Si la rĂ©solution a rĂ©ussi Ă mettre dâaccord du Parti socialiste aux Verts, en passant par la majoritĂ© prĂ©sidentielle, et jusquâĂ la droite et lâextrĂȘme droite, la belle unanimitĂ© a pourtant Ă©tĂ© rompue par quelques voix discordantes. Le groupe de La France insoumise (LFI) a ainsi dĂ©cidĂ© de ne pas participer au vote. Quant aux deux seuls dĂ©putĂ©s PCF qui ont fait le choix dây prendre part, ils ont votĂ© contre la rĂ©solution.
Une maniĂšre de refuser de se mettre politiquement « dans la roue » des dirigeants politiques ukrainiens ? Symboliquement, le vote de cette rĂ©solution revient de fait Ă valider un Ă©lĂ©ment mĂ©moriel central de la construction de lâidentitĂ© ukrainienne contemporaine.
Au contraire, les autoritĂ©s russes refusent le qualificatif de gĂ©nocide et rĂ©agissent nĂ©gativement Ă chacune de ses reprises officielles. Quand la chambre basse allemande a reconnu lâHolodomor comme gĂ©nocide le 30 novembre 2022, elles ont ainsi regrettĂ© une « diabolisation » de leur pays.
La commĂ©moration et mĂȘme lâenseignement de cet Ă©pisode tragique ont Ă©tĂ© rĂ©duits Ă nĂ©ant cĂŽtĂ© russe. Par contraste, « les Ukrainiens se sont appropriĂ© [cette] mĂ©moire », Ă©crit lâhistorienne Anna Colin Lebedev dans Jamais frĂšres ? (Seuil, 2022), « chacun cherchant dans les rĂ©cits des grands-parents et les archives familiales comment leur famille avait survĂ©cu Ă cette pĂ©riode ».
Des politiques mĂ©morielles ont Ă©tĂ© menĂ©es avec constance sur le sujet de la part de lâĂtat ukrainien devenu indĂ©pendant. Depuis 1998, lâUkraine rend un hommage annuel aux victimes de la Grande Famine, Ă chaque fin du mois de novembre. En 2008, un mĂ©morial leur a Ă©tĂ© construit dans la capitale Kyiv. En 2006, le Parlement du pays a reconnu son caractĂšre gĂ©nocidaire. Depuis, plus dâune vingtaine dâassemblĂ©es lâont suivi ailleurs dans le monde.
Selon le spĂ©cialiste de lâhistoire soviĂ©tique Nicolas Werth, « toute collectivitĂ© en cours de reconstruction identitaire a besoin de se redĂ©finir, [âŠ] de revoir son passĂ©, en choisissant un certain nombre dâĂ©vĂ©nements historiques qui vont asseoir le nouveau mythe national. Aujourdâhui, ce mythe national se construit en prioritĂ© autour de la victimisation du peuple ukrainien. Et, dans ce dispositif, lââHolodomorâ joue un rĂŽle majeur ».
Ă lâheure de lâinvasion du pays par un pouvoir poutinien sâattaquant en mĂȘme temps à « lâOccident collectif », Ă©tait-ce problĂ©matique dâaccompagner cette revendication ukrainienne dâune histoire Ă la fois singuliĂšre et particuliĂšrement douloureuse ? Ă gauche, certains le pensent. Et ils ne sont pas les premiers. En Allemagne, le parti post-communiste Die Linke sâest abstenu sur le sujet lâan dernier. En Belgique, oĂč le dĂ©bat politique a Ă©tĂ© bien plus vif quâen France au mois de fĂ©vrier, le Parti du travail (PTB) a choisi la mĂȘme attitude.
Désaccords au sein de la Nupes
Du cĂŽtĂ© des communistes, le dĂ©putĂ© du Havre Jean-Paul Lecoq a publiquement exposĂ© plusieurs « problĂšmes » qui lâempĂȘchaient de voter favorablement. PremiĂšrement, le manque de lĂ©gitimitĂ© des parlementaires face Ă une pĂ©riode de lâhistoire qui ne fait consensus ni chez les historiens ni, a-t-il affirmĂ©, chez les Ukrainiens. DeuxiĂšmement, la question de « lâintention gĂ©nocidaire », selon lui « dĂ©licate Ă Ă©tablir », au vu du manque dâĂ©lĂ©ments sur « le dessein » de Staline Ă lâĂ©poque.
Autres arguments avancĂ©s : « le risque de crĂ©er une concurrence mĂ©morielle entre les victimes de crimes contre lâhumanité » ou encore « les enjeux diplomatiques » dâun tel vote. « Est-il opportun de voter ce texte qui nous rapprochera un peu plus du point de non-retour dans nos relations avec la Russie ? Si nous, Parlement français, voulons ĂȘtre les artisans dâune paix juste et durable entre lâUkraine et la Russie, le vote dâune telle rĂ©solution ne semble pas adĂ©quat », a dĂ©fendu le communiste, mardi, dans lâhĂ©micycle.
Au sein de LFI, les arguments ont Ă©tĂ©, peu ou prou, les mĂȘmes. « On nâest pas convaincus que ce soit aux AssemblĂ©es nationales dâĂ©crire lâHistoire, dâautant plus quand il nây a pas dâunanimitĂ© sur la question. Pour nous, lâHolodomor nâa pas les caractĂ©ristiques dâun gĂ©nocide », explique ainsi Ă Mediapart le dĂ©putĂ© insoumis Bastien Lachaud, qui se rapporte Ă la dĂ©finition de lâONU du gĂ©nocide de 1948.
Par ailleurs, ajoute-t-il, « reconnaĂźtre que lâHolodomor est un gĂ©nocide dĂ©value les trois gĂ©nocides Ă©tablis [lâHolocauste, le gĂ©nocide armĂ©nien et le gĂ©nocide rwandais â ndlr], et ouvre la voie Ă ce que des pays puissent y recourir pour tout et nâimporte quoi. Ce serait fragiliser le droit international ». Enfin, argue-t-il, « juger Staline aujourdâhui » relĂšverait du non-sens.
Selon Bastien Lachaud, la dĂ©cision de LFI a Ă©tĂ© prise par le bureau du groupe, son instance dirigeante, puis prĂ©sentĂ©e aux dĂ©putĂ©s et nâaurait pas fait dĂ©bat en interne. Dans lâhĂ©micycle, il a eu beau rĂ©pĂ©ter que lâabsence des Insoumis signifiait un refus de « sâarroger le pouvoir dâĂ©crire lâhistoire » et non pas une remise en cause du soutien de son groupe Ă lâUkraine « face Ă lâagression criminelle du rĂ©gime de Vladimir Poutine », lâĂ©pisode a une fois encore créé le trouble au sein de la Nouvelle Union populaire, Ă©cologique et sociale (Nupes).
« MĂȘme si je comprends quâil puisse y avoir dĂ©bat sur le caractĂšre gĂ©nocidaire de lâHolodomor, au bout dâun moment, il faut faire de la politique ! », estime le dĂ©putĂ© EELV AurĂ©lien TachĂ©, corapporteur du texte aux cĂŽtĂ©s du socialiste Boris Vallaud.
Si lâĂ©cologiste dĂ©plore que lâinitiative de Renaissance ait pu ĂȘtre en partie conduite par des « arriĂšre-pensĂ©es opportunistes », avec pour but de marginaliser LFI, il note que ce vote â ou plutĂŽt ce non-vote â sâexplique pour partie par le « campisme » dâune certaine partie de la gauche sur les questions internationales. Certes, des avancĂ©es sur le conflit ukraino-russe ont Ă©tĂ© actĂ©es. Mais dĂ©sormais, justifie-t-il, « il faut aller plus loin et dire que Poutine sâinscrit dans les pas de Staline, quâil est un tyran qui veut ârussifierâ lâUkraine ».
Une exhortation quâont, semble-t-il, suivie les Insoumis au Parlement europĂ©en. Le 15 dĂ©cembre, la dĂ©lĂ©gation des eurodĂ©putĂ©s insoumis votait unanimement pour un texte similaire, et mĂȘme plus vindicatif que celui de lâAssemblĂ©e nationale, visant Ă reconnaĂźtre lâHolodomor comme un gĂ©nocide, et estimant « que le blanchiment et la glorification du rĂ©gime totalitaire soviĂ©tique et la renaissance du culte du dictateur soviĂ©tique, Joseph Staline, ont conduit Ă ce que la Russie soit aujourdâhui un Ătat promoteur du terrorisme ».
ContactĂ©e par Mediapart pour comprendre les diffĂ©rences de vote entre les deux groupes parlementaires du parti, la dĂ©lĂ©gation insoumise europĂ©enne indique « pouvoir comprendre » la position de ses camarades Ă lâAssemblĂ©e, au vu des dĂ©bats sur le sujets, mais assume « avoir fait le choix de privilĂ©gier lâenjeu de la condamnation des crimes de Staline et dâenvoyer un signal de soutien au peuple ukrainien dans le contexte de guerre actuel ».
« Nous avons votĂ© pour, tout simplement parce que câest un gĂ©nocide qui a eu lieu », tranche lâeurodĂ©putĂ© Younous Omarjee, qui peine Ă comprendre en quoi « qualifier de gĂ©nocide un gĂ©nocide » reviendrait à « banaliser lâHolocauste ».
Ce que disent les historiens (et lâONU)
La volontĂ© de ne pas dĂ©valuer la qualification de gĂ©nocide sâentend, mais elle nâest pas convaincante pour en dĂ©nier lâexistence si les faits sont Ă©tablis. ReconnaĂźtre le gĂ©nocide des Tutsis au Rwanda nâimpliquait pas de relativiser en quoi que ce soit celui dont ont Ă©tĂ© victimes les juifs dâEurope pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mais justement, à quel point le caractÚre génocidaire de la Grande Famine en Ukraine est-il controversé ? Voter sa reconnaissance poserait-il un vrai problÚme de rigueur intellectuelle ? Il convient en tout cas de faire la différence entre plusieurs niveaux de contestations.
Une minoritĂ© dâhistoriens, parfois relayĂ©s par certains militants communistes, minimisent les faits jusquâĂ les nier. Câest le cas dâAnnie Lacroix-Riz, par ailleurs connue pour ses thĂšses aux relents complotistes dans lâexplication de la dĂ©faite française de 1940 â ce qui nâa pas freinĂ© son invitation par Aude Lancelin sur le mĂ©dia en ligne Quartier gĂ©nĂ©ral. Lâhistorienne rĂ©duit lâHolodomor Ă une « disette de soudure », dont le caractĂšre gĂ©nocidaire ne serait quâune « propagande » typiquement impĂ©rialiste, dans un but de calomnie du pouvoir bolchevique.
De nombreux historiens, en Ukraine mais aussi dans la sphĂšre anglophone, soutiennent que lâentreprise de destruction stalinienne visait bien un groupe national.
« Il sâagit dâun nĂ©gationnisme pur, tranche lâhistorien Thomas Chopard, maĂźtre de confĂ©rences Ă lâEHESS. Les ressorts rhĂ©toriques sont les mĂȘmes que dans la relativisation de la Shoah ou du gĂ©nocide des ArmĂ©niens, avec un attachement Ă des microdĂ©tails pour arriver Ă des conclusions ubuesques. Le but est de nier les crimes de masse du stalinisme. »
Pour lui, il est davantage possible de discuter â « mĂȘme [sâil] pense quâils ont fondamentalement tort » â avec un courant russe de lâhistoriographie, qui nie moins la gravitĂ© des faits que les spĂ©cificitĂ©s du cas ukrainien. Car Ă partir de 1929 en Union soviĂ©tique, la collectivisation de lâagriculture suscite des dĂ©sastres sur lâensemble du territoire. Au Kazakhstan, câest un tiers de la population qui pĂ©rit. Mais alors que « Staline se moque de cette zone pĂ©riphĂ©rique », selon Thomas Chopard, il se prĂ©occupe bien plus de lâUkraine.
Le pays est en effet situĂ© aux portes de lâEurope, et il abrite une part significative de la production agricole et industrielle de lâUnion soviĂ©tique, mais aussi une paysannerie particuliĂšrement rĂ©sistante au dictateur du Kremlin.
De ce point de vue, une trĂšs grande majoritĂ© dâhistoriens sâaccorde sur le fait que Staline a volontairement aggravĂ© la famine qui sâest dĂ©veloppĂ©e en Ukraine. « Un faisceau trĂšs important de documents permet de circonscrire la responsabilitĂ© de Staline et de ses proches collaborateurs », confirme Thomas Chopard.
A-t-on pour autant affaire Ă un gĂ©nocide ? Câest ici que la querelle peut rebondir, y compris parmi ceux qui partagent le constat dâun ciblage criminel de lâUkraine. « Si les archives prouvent lâintentionnalitĂ© de Staline, le groupe ciblĂ© pose question : les paysans en tant que groupe social ou les paysans en tant quâUkrainiens ? », rĂ©sume lâhistorienne Alexandra Goujon dans Ukraine, de lâindĂ©pendance Ă la guerre (Le Cavalier bleu, 2021).
Selon la dĂ©finition du gĂ©nocide par les Nations unies, le groupe victime doit en effet ĂȘtre visĂ© en fonction de son caractĂšre « national, ethnique, racial ou religieux ». Dans les nĂ©gociations Ă ce propos, le critĂšre de la classe sociale avait justement Ă©tĂ© Ă©cartĂ© sur insistance de lâUnion soviĂ©tique. Quand lâhistorien StĂ©phane Courtois parle de « gĂ©nocide de classe », il sâagit donc dâun Ă©tirement conceptuel allant au-delĂ de la catĂ©gorie juridique communĂ©ment admise.
De nombreux historiens, en Ukraine mais aussi dans la sphĂšre anglophone, revendiquent une plus forte cohĂ©rence en soutenant que lâentreprise de destruction stalinienne visait bien un groupe national.
Cette affirmation, explique Thomas Chopard, sâappuie sur un « glissement » avĂ©rĂ© « dâune politique Ă©conomique et sociale â la collectivisation de lâagriculture â Ă une politique nationale ». LâHolodomor sâajouterait Ă la dĂ©capitation des Ă©lites culturelles, ou encore Ă la fin de la promotion de la langue ukrainienne, pour dessiner « un ensemble de dĂ©cisions hĂ©tĂ©rogĂšnes de lutte contre le nationalisme ukrainien ».
MĂȘme Nicolas Werth, plutĂŽt rĂ©ticent Ă lâusage du terme de gĂ©nocide, laisse la porte entrouverte dans un rĂ©cent chapitre dâouvrage sur la question.
« Briser la paysannerie ukrainienne par la famine, Ă©crit-il, câĂ©tait aussi briser le seul mouvement national-paysan capable de tenir tĂȘte au rĂ©gime. Dans le mĂȘme mouvement, Staline dĂ©cima les Ă©lites ukrainiennes, quâelles fussent communistes ou non. [âŠ] En Ukraine, la famine fut donc intentionnellement aggravĂ©e dans le but dâĂ©liminer en partie Ă la fois les paysans, colonne vertĂ©brale de la nation ukrainienne, qui continuaient de rĂ©sister Ă la collectivisation, et les Ă©lites nationales. »
Une gĂȘne rĂ©currente sur lâUkraine
Se refuser Ă dire lâhistoire en tant que parlementaire est une chose, mais lâargument de lâabsence de gĂ©nocide, Ă©galement invoquĂ©, est dĂ©jĂ plus fragile ou contestable. In fine, la dĂ©cision de voter la rĂ©solution promue par Zelensky est avant tout politique. Et en lâoccurrence, lâabsence de LFI interroge dâautant plus quâelle sâinscrit dans une sĂ©rie de polĂ©miques similaires.
En fĂ©vrier 2022, en pleine campagne prĂ©sidentielle, les dĂ©putĂ©s de La France insoumise avaient refusĂ© de qualifier de « gĂ©nocide » la rĂ©pression fĂ©roce contre les OuĂŻghours par la Chine, au motif quâune controverse Ă©tait en cours sur le sujet, certains spĂ©cialistes parlant de « gĂ©nocide », dâautres prĂ©fĂ©rant la caractĂ©risation de « crime contre lâhumanité ».
Alors que la quasi-unanimitĂ© des dĂ©putĂ©s, du PS Ă Les RĂ©publicains, en passant par La RĂ©publique en marche, avait votĂ© favorablement la proposition de rĂ©solution, La France insoumise, ainsi que le communiste Jean-Paul Lecoq, avaient fait cavalier seul en sâabstenant.
Il y a quelques mois, La France insoumise a de nouveau fait entendre une voix divergente Ă gauche lors dâune rĂ©solution sur lâUkraine, dĂ©posĂ©e cette fois par le PS. Le texte rĂ©clamait de graver dans le marbre le « soutien indĂ©fectible » de la France au pays de Volodymyr Zelensky, mais aussi dâ« accroĂźtre substantiellement » lâaide militaire et financiĂšre fournie Ă lâUkraine.
Contrairement aux groupes partenaires de la Nupes, LFI sâĂ©tait abstenue, le seul vote « contre » de lâAssemblĂ©e ayant Ă©tĂ© Ă©mis par un dĂ©putĂ© issu de ses rangs, JĂ©rĂŽme Legavre.
Les plus critiques de LFI y verront une complaisance rĂ©guliĂšre avec des rĂ©gimes dictatoriaux sous prĂ©texte de souci diplomatique, et en particulier une gĂȘne rĂ©currente Ă tĂ©moigner dâune solidaritĂ© concrĂšte avec le peuple ukrainien. Des reproches que Bastien Lachaud balaie : « Une loi mĂ©morielle, ça nâa rien Ă voir avec notre position sur lâinternational. »